Depuis maintenant deux ans, je fais pousser des blés dans mon petit jardin. J'ai pu constater combien ça me passionne, mais je ne suis pas la seule. J'ai embarqué mon fils et mon mari dans cette aventure et ils se montrent aussi très interessés!

Je commence à être à l'étroit dans mon petit jardin, et puis j'ai envie de partager cette passion et mes expériences culturales avec des enfants, petits et grands! 

Courant octobre, je viens avec mon fils au CPN, et en parlant de projets, je demande à Mickael du CPN si la culture de différentes variétés de blés rentrerait dans le cadre du club. Et il me répond: "On a 40 hectares exploitables!" C'est donc un grand Oui! Youpi! Surtout que la période pour semer les blés d'hiver est entre mi octobre et fin novembre. On est pile poil dans les temps!

Le but ultime étant de confectionner notre farine de Terroir du Chateau de Taillé, et ensuite confectionner des pains avec d'ici deux ans. Et pourquoi pas, d'ici là construire un four pour le cuire carrément sur place. Les enfants, les familles, verraient ainsi le produit 100 % made in Taillé! Des grains de blés, les semailles, la culture, la récolte des céréales jusqu'au broyage et mélange des farines, et enfin la fabrication et la cuisson des pains en été! Le pied!

Revenons au mois d'octobre 2015. Première mission: rassembler des semences.  J'ai trois variétés différentes. Mais je souhaite en semer au moins une dizaine, pour élaborer un réel projet cultural. Je contacte des amis qui sont dans la même démarche. Un ami est tout de suite partant! Problème: il est sur les chemins de Compostelle et ne rentre que courant novembre de son aventure. Je décide de l'attendre car je sais que les graines qu'il me ramenera seront topissimes. Et quand enfin on se revoit mi novembre, je ne suis pas déçue! Au delà de mes espérances, je me retrouve avec les miennes en plus, en possession de quinze variétés différentes, des blés durs, des blés tendres, du seigle, des engrains, et même quelques Aegilops, l'ancêtre ultime des blés. Le projet prend forme, j'ai assez de graines à semer! Merci Thibault!

les variétés à semer

 

Sur le montage photo, je vous présente au passage Guimauve notre chat, qui s'est beaucoup amusé avec les graines sur notre table!)

Mickael me propose de choisir une parcelle vers le potager du domaine ou dans la plaine. On discute ensoleillement et qualité de terre. On décide de les mettre dans le potager, l'ensoleillement même s'il n'est pas total au cours de la journée, est très présent à cet endroit (le blé a besoin de beaucoup de soleil). Et l'avantage à cet endroit est qu'on pourra dresser une cloture. Il y a même pour l'instant un début de barrières en bambou. La future cloture pourra protéger les parcelles des animaux gourmands du coin (je pense aux chèvres du Chateau et aux gibiers qui passent la nuit). Ils vont déguster des jeunes pousses vertes qui n'ont reçu aucun traitement. Un vrai régal quoi, je les comprends!

On doodelise une date avec deux trois autres familles pour les semailles, mais ce jour là, grosses pluies. On doit reporter. Et la pression de la Nature est bien là: les premières gelées arrivent. Nous sommes déjà fin novembre. Vite il faut semer, pour que les graines puissent lever, c'est à dire pousser de quelques centimètres, pour pouvoir resister aux plus grosses gelées de l'hiver. Nous semons le 21 novembre 2015 in extremis!

Mickael nous a retourné légerement la terre sur une quinzaine de mètres carrés. On organise un mètre carré par variété différente. Sur chaque mètre carré, quatre sillons vont accueillir les semences. Et Vincent écrit les noms des variétés au crayon gras sur des grosses ardoises. Les grains sont déposés en ligne dans un sillon d'environ deux centimètres de profondeur. Puis on recouvre de terre et on tasse un peu.

Il fait très froid, Vincent abat le travail à grande vitesse car les enfants sont gelés et commencent à pleurer (vent glacial grrrr). On recouvre dans un premier temps d'un lit de feuilles mortes qui vont garder les grains au chaud pour leur permettre d'éclore en cette fin novembre glaciale!

Les semailles le 21 novembre

Je reviens une semaine plus tard autour du premier décembre, et découvre quelques rares pousses blanches sous les feuilles mortes. Je décide de changer de stratégie. Je retire les feuilles mortes et installe un filet blanc, qui laisse passer le soleil quand il est là, et qui protège les mini pousses du gel et des éventuels animaux gourmands. Je le bloque avec des grosses branches pour éviter que le vent ne le soulève.

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On voit bien au centre de la photo la petite pousse blanche. La graine a germé. Je l'ai juste découverte pour la photo et la remet tout de suite sous la terre humide  bien au chaud avec ses copines. 

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Les blés poussent bien en notre absence! Et les animaux ont pour l'instant épargné les pousses, ouf!

Voici ce que j'ai pu observé le 23 décembre 2015, après environ un mois de croissance.

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Sous le filet on voit bien que les pousses sont assez grandes pour passer l'hiver! Youpi! 

Prochaines étapes:

Cloturer la parcelle pour éviter les éventuels pietinements et dégustations par les animaux du site.

Desherbage manuel pour que les autres herbes n'ettouffent pas nos petits protégés.

Au printemps, resserer les talles, à la binette.

Observation de la croissance et de l'apparition des différences entre les différentes variétés.

Aux environs de juin juillet, récolte à la main des épis. Sélection des meilleurs épis pour l'année prochaine.

Tout au long de l'année, nous pouvons nous réunir à la parcelle pour répondre aux questions et observations des enfants et des parents. 

Je m'engage à réaliser d'autres articles dans les mois à venir: les origines et la description du blé, les raisons de mon engagement, les blés de populations, les blés panifiables...

A très vite!